fév 27
Il y aura du sang
Sous le titre “sanglant” de There will be blood, Paul Thomas Anderson présente une histoire remontant à l’époque des grandes découvertes pétrolifères en Amerique. C’est un saga pétrolière où un certain Daniel Day-Lewis prend son sort entre ses mains se transformant de prospecteur d’argent en magnat du pétrole, à l’aube du XXème siècle. L”histoire commence en 1898 avec le solitaire Plainview fouillant la terre à la recherche de l’or noir. Découvrant des gisements, il réussit peu à peu à construire une petite compagne pétrolière et d’élargir ses exploitations. Suite à un accident, l’un de ses ouvriers est mort et Plainview adopte l’orphelin, qu’il nomme H.W. Après la première décennie du XXème siècle, Plainview avait déjà l’une des plus réputées affaire de pétrole de Californie.
Les ambitions de Plainview montent lorsqu’il découvre une petite ville californienne dont les extrêmement riches ressources de pétrole promettent la fortune. Accompagné par son fils qui lui assure la crédibilité en tant que père de famille, il part essayer sa chance à Little Boston où il se donne de la peine à convaincre les villageois de lui céder leur terres. Il arrive ainsi à se faire gagner le droit d’installer ses derricks sur les terres d’Abel Sunday, un vieux fermier religieux qu’il mène par le bout du nez. Il suscite, de cette façon, les ressentiments d’Eli Sunday, le fils d’Abel avec lequel il va se disputer ses profits.
Le scénario du film, écrit par Anderson, est inspiré par le roman Pétrole! de l’écrivain socialiste Upton Sinclair. A la différence de ce dernier, l’histoire d’Anderson ne pose pas la question des collectivités, mais des individus. Une fois avec l’aliénation due à la soif d’argent, le scénariste met en évidence une période peu attirant pour les films hollywoodiens, une époque s’étendant entre la fin de la conquête de l’Ouest et le début de la Prohibition. Par ailleurs,une histoire parlant de la force: la puissance physique, la puissance de l’argent, de la possession, la puissance morale. C’est, selon le commentaire de “le Monde”, une lutte entre deux des visages que la convoitise peut emprunter: le pouvoir de l’argent et le pouvoir du verbe. Et non pas dernièrement, suivant le fil des thèmes sus-nommés, Il y aura du sang est un saga des hommes, où les femmes sont implicitement exclues.
