Admirablement intitulé, Enfants de Don Quichotte est l’histoire réelle d’une société qui n’arrive pas toujours à gérer ses problèmes. Il y a deux ans, le 26 octobre 2006, deux citoyens français décident de descendre dans la rue, pour vivre la vie des sans logement. Loin d’être un acte d’exhibitionnisme, l’entreprise de ce qui est devenu l’association “Les enfants de Don Quichotte”, a eu pour but de mobiliser les déshérités de la vie pour qu’ils se redonnent la dignité humaine. Concrètement, l’initiative d’une poignée de personnes a pris forme dans une campagne rassemblant quelques 200 tentes, à Paris, sur les berges du Canal Saint Martin. Cette véritable résistance n’est pas restée sans echos: les médias ont pris le thème, ont capté les images et les événements, en les rendant au grand public et à la classe politique, qui a dû en prendre note. Le film n’est rien d’autre qu’une nouvelle étape de ce combat, avec tous ses espoirs et désillusions.
C’est pour quand, donc, l’Acte 2? Certes, le sujets ne manque pas de richesse…
Réalisé par Ronan Dénécé, Augustin Legrand, Jean-Baptiste Legrand
Ils sont célèbres pour des biographies et documentaires exhilarantes: “Dans la peau de Jacques Chirac”, “Sego et Sarko dans le même bateau” sont les produits de succès réalisés par Karl Zéro et Michel Royer. Eh bien, maintenant il est venu l’heure d’un autre bilan: le 43ème président des Etats-Unis, on le verra par les yeux critiques de l’humoriste et chroniqueur Karl Zéro, qui utilise des centaines d’archives pour lui dresser un portrait juste “comme il faut”. Si la satire mords, c’est parce que la réalité le permet: George W. Bush est le plus controversé des présidents américains. Il n’y a pas mal de choses qu’on lui impute: si l’on ne prend en compte que la guerre d’Irak et l’on a déjà la meilleure épreuve! Mais, comme on ne raisonne pas avec les pieds et si l’on est arrivé au Jugement Dernier, le président a la parole. Par la voix de l’imitateur Jim Meskimen, on entend la voix intérieure de G.W. Bush. Malheureusement, la défense est également catastrophique! La rédemption est encore loin! Le tribunal planétaire le condamne à rester éternellement sur la page grise de l’histoire de la démocratie.
On est en 1940. Manuel Luciano nourrit une grande passion, qu’il gardera tout au long de la vie. A côté de sa femme, il suivra les traces de Cristohpe Colomb. Son but est de découvrir, une fois pour toujours, l’identité du grand explorateur. Pour cela, il traverse l’Océan pour se retrouver toujours entre deux destinations: Amérique et Europe. Ces voyages deviennent, au fil du temps, l’obsession de sa vie. Ce qu’il faut démontrer, pour l’honneur de son pays, est l’origine lusitaine de Cristophore Colomb. Ainsi, on regarde le protagoniste vieillir, au long d’un demi-siècle qui s’écoule sur ses recherches.
Le cinéaste Manoel de Oliviera célébrera bientôt 100 ans de vie. C’est pourquoi son film peut être considéré également un hommage porté à son pays. C’est une dédicace fait à un Portugal idéal qui aurait bercé l’un des grands hommes de notre histoire.
Manoel de Oliviera et sa femme Mria Isabel jouent eux-mêmes dans le film, Oliviera interprétant le même personnage que Ricardo Trepa, son petit-fils.
Réalisé par Manoel de Oliveira
Avec Ricardo Trepa, Manoel de Oliveira, Leonor Baldaque
En 2007, selon le rapport des Nations Unies, à peu près 200,000 personnes ont été massacrés et 2,5 millions d’autres, obligés de quitter leurs villages et chercher un abri dans des camps à des conditions de misère. Tout ça, en Darfour. Une boule de neige désastreuse que ni les Nations Unies, ni d’autres organismes de la communauté internationale n’ont pas réussi à arrêter. Après DarfurNow, le documentaire réalisé en 2007 par Ted Braun, Paul Freedman rend, d’une autre manière, l’image du génocide passé sous les yeux de l’humanité entière dans la région la plus à l’ouest du Soudan. Paul Freedman a rejoint, à cet effet, un contingent des forces africaines de maintien de la paix et a senti à vif le coup du tragique. Le film est une analyse des événements historiques et politiques qui ont engendré la répression sanglante menée par le gouvernement arabe contre les indigènes africains. Dans ce film, John Prendergast, Samantha Power et Nick Kristof (chroniqueur au New York Times), ces trois professionnels sont les yeux du spectateur qui va des camps de réfugiés aux bureaux des dirigeants du monde pour suivre le dur combat dur entre le sens de la politique et le sens d’être homme.
“Let’s get Lost” célèbre la mémoire et la vie de Chet Baker, le renommé trompettiste, bugliste et chanteur de jazz dont le nom est surtout lié à des petits films tels “My Funny Valentine”. Donc, un petit groupe de fans, des anciens associés à ses ex-épouses et à ses enfants, raconte l’histoire de l’homme et du chanteur Baker. Le film de Weber retrace la carrière de celui-ci à partir de 1950, l’apogée marqué par ses apparitions aux côtés des grands noms du jazz – Charlie Parker et Gerry Mulligan, et jusqu’aux années 1980, quand il avait déjà choisi “les paradis artificiels” des drogues pour s’enfuir d’une existence décevante. Superposant les deux décades, Weber aboutit, en fait, à relever le contraste entre le jeune et sympathique Baker- l’idole qui ressemblait à la fois à James Dean et à Jack Kerouac – et celui qui est devenu, un minable épave dévorée par les drogues.
“Let’s get lost” débute sur les plages de Santa Monica, avec le crépuscule d’une vie troublée, et finit avec le Festival de Cannes de mai 1987, quand le partenariat entre le réalisateur Weber et le protagoniste de son film a porté des fruits. L’idée du titre de la pellicule est venue d’une chanson interprétée par Baker et enregistrée sur l’album Chet Baker Sings and Plays.
Réalisé par Bruce Weber
Avec Chet Baker, William Claxton, Flea, Carroll Baker, Dick Bock et d’autres.
Faire la rencontre d’Eric Tabarly, même dix ans après sa disparition, est une magnifique découverte: “un homme de discrétion et d’humilité; une présence, imposante; des mots simples et un humour pudique”, voilà en quelques mots le portrait du marin français, selon le témoignage du producteur Jacques Perrin. Rassemblant des documents divers, français et étrangers, professionnels et amateurs, radiophoniques et audiovisuels, le réalisateur Pierre Marcel suit les traces du navigateur qui a ouvert un nouveau chapitre des activités nautiques en France, réussissant à mettre fin à la domination anglaise dans le domaine. Homme de la mer et de la voile, plutôt que simple professionnel, Tabarly a voué aux courses au large trente-cinq ans de sa vie, avant de disparaître en mer le 13 juin 1998. Il avait découvert la voile à l’âge de 3 ans, à bord d’Annie, le bateau de la famille et s’y était définitivement enamouré. On ne se trompe pas si l’on croit aux paroles de Perrin: Tabarly est “la symbiose parfaite entre un homme, un bateau et la mer. Si Tabarly ne voulait pas être un homme à messages, il demeure pour toujours exemplaire.”
Le génie du film des Blacans rencontre le génie du football argentin. Le résultat: Maradona par Kusturica. “Aux dieux, on pardonne tout!” Comment expliquer autrement la passion inébranlable du public pour le dieu du football mondial qui à une certaine époque n’était que l’ombre du grand footballeur, en donnant autant de raisons à ses fans de le renier? Et voilà qu’Emir Kusturica, un artiste de l’autre bout du monde, mais également l’un des fans les plus férus de Maradona, étale son histoire personnelle, depuis ses humbles débuts, en passant par la gloire suprême d’une légende vive, jusqu’au déclin profond et, enfin, jusqu’à la réhabilitation. Comme débutant dans l’univers du ballon rond, Diego Maradona avait deux rêves: Jouer dans la coupe du monde et, deuxième, la gagner. Il a connu le succès, et malgré son addiction à la drogue, Maradona espère n’avoir pas “souillé” le ballon. Également révolutionnaire dans sa manière, porteur fier du sang latin qui ne se dédit pas dans sa personnalité, père repenti de deux filles, la vie de Maradona vaut certainement la peine d’être racontée. Comme il a confié à ses admirateurs, il a écrit lui-même un livre sur sa vie”. C’est Emir Kusturica qui a réalisé la version cinématographique!
Mèche Blanche, le petit castor, vit avec sa famille dans une hutte du Nord Canadién. Il a auprès de soi Mère castor, Petite-Soeur et ses bons amis, Petit-Lynx et Petit-Ours. Mais, un jour, l’existence de Mèche Blanche change brutalement: il est porté par les vagues d’un barrage loin de ce qui était jusqu’alors leur abri. Il reste, donc, seul, affamé et extrêmement apeuré, sans riensavoir sur ses aimés, mais caressant l’espoir vif de les retrouver un jour. Ainsi, son grand périple existentiel commence avec la solitude. Bientôt, il aura à affronter de grands dangers ( il s’échappe des griffes des loups qui avaient tué son père et plus tard, il sauve sa mère d’un incendie). Dans son expédition, il rencontre le Vieux-Castor, qui l’aide à soulever les défis de son chemin et avec lequel il se lie d’une belle amitié. La rencontre avec le siens, le but final de Mèche Blanche, ne retrouve plus le petit castor pigeon, mais un jeune qui sait déjà ce que c’est la vie…
Un récit fascinant sur l’innocence et l’enfance, réalisé par Philippe Calderon à Quebec, aux alentours du lac Saint-jean. Narrateur: André Dussollier. Les protagonistes ( les deux castors qui ont “joué” Mèche Blance) appartiennent au zoo sauvage de Saint-Félicien.
Amoureux du rock’n roll? Alors, attention à ne pas rater les Rolling Stones! Le réalisateur de film Martin Scorsese vous recommande en “Shine a Light” la plus célèbre formation de rock’n roll du monde. Undocumentaire musical qui a vu le jour au mois du septembre passé.
C’est bien difficile d’estimer à la juste valeur l’importance des Rolling Stones dans l’histoire du rock-n roll. Le groupe, qui a débuté à Londres en 1962, a raffiné à tel point et une telle quantité de la musique des prédécesseurs, qu’ils sont arrivés à exercer une influence décisive sur les créations ultérieures du genre. Il n’y a que quelques musiciens à compter sur les doigts du n’importe quel genre qui ont accédé à ce statut, et les Rolling Stones se trouvent parmi eux.
Pour Shine a Light, qui a été tourné au Beacon Theater de New York City, Scorsese a rassemblé une équipe légendaire de cinématographes, tous primés ou nominalisés à Oscar: Robert Richardson, en tant que directeur de Photographie, John Toll (The Last Samurai, Braveheart), Andrew Lesnie (“The Lord ofthe Rings”, King Kong), Robert Elswit (Magnolia, Good Night, And Good Luck), Emmanuel Lubezki (Sleepy Hollow) et Ellen Kuras (Summer of Sam, Eternal Sunshine ofthe Spotless Mind). L’éditeur du film est David Tedeschi, qui, d’ailleurs, a travaillé avec Scorsese pour le documentaire sur Bob Dylan.
Shine a light est, avant tout, le rêve accompli d’un cinéaste. Celui de surprendre les légendaires musiciens là où ils appartiennent de droit: la scène.